10 octobre 2017

le galet...


Quand on fait une prépa bio, on ingurgite une quantité de connaissances en tout genre, surtout en bio (animale, végétale, cellulaire, génétique et compagnie). Normal. 
Mais on bouffe aussi de la géol. la tectonique des plaques, les cristaux, les failles normales et inverses, les cuestas, et les reliefs karstiques. Et pleins d'autres trucs que je me suis empressée d'oublier. 

Et puis le phénomène d'érosion. 

La mer qui, vague après vague, arrache des petits morceaux de roche, transforme les blocs rocheux en cailloux. 
Vague après vague, le cailloux s'arrondit, se polit, devient plus petit...et s'use encore et encore et encore jusqu'à devenir un petit grain de sable, insignifiant, perdu dans l'immensité de la plage. (j'invente, hein, si ça se trouve, c'est pas du tout comme çà que ça fait, j'ai toujours été nulle en géol).

Aujourd'hui je me sens comme ce galet...usée par leurs demandes incessantes qui reviennent en vagues, usée par ces gestes du quotidien répétés sans cesse en râlant chaque jour un peu plus (encore une culotte qui traine! éteigniez la lumière, berdol! à table, range tes chaussures! qui n'a pas ramassé ce foutu légo qui vient de me défoncer le pied???). 
Leurs sollicitations permanentes sont comme le ressac de la mer (sur la mère...) elles ne s'arrêtent jamais, et m'usent chaque jour un peu plus. 

Je me sens devenir grain de sable...et pourtant je dois encore soutenir l'édifice. Je suis le pilier de cette famille, paraît il. Un pilier en sable, j'aimerais bien voir ça, tient. 

Mais je n'ai pas le droit de faillir; je dois trouver l'ingrédient qui transforme le sable en ciment...par exemple:
Un bol d'air, une soirée entre copines, un WE en amoureux, un café en tête à tête avec moi même...mais ce peut être aussi un de ces WE dont on n'attendait pas grand chose, qui se revèle être un WE pépite, avec des gens formidables. Une bouffée d'oxygène passée à picoler chanter (pas toujours bien, je l'avoue), à picoler  rire, à picoler marcher, à picoler danser et picoler chanter encore!! un week end extra chez les ch'ti, dirait-on! 

Le retour est difficile, bien sûr...mais sans aucun doute, ces moments là, ces parenthèses dans le quotidien, ils donnent du souffle et permettent de se libérer; ils m'aident à tenir debout, à continuer d'avancer, à supporter les cris, les mots dans le cahier, les dentifrices pas rebouchés...et aussi ces putain de culottes qui trainent par terre!!! 

Alors vive les bulles (d'oxygène bien sûr)


16 septembre 2017

gateau terrain de tennis - 10 ans de Preums

1 an et demi que je n'ai rien écrit. 
Plus le temps, plus toujours envie...pas envie de me forcer non plus. 
Les trolls grandissent et leurs histoires sont moins partageable, plus intimes. 
Mais je retombe sur certains articles, et ça me rappelle que j'aimais bien écrire. 

Je recommence en douceur, et dans la facilité, avec le gâteau d'anniv de Preums d'il y a 2 ans: un terrain de tennis pour mon champion (qui m'éclate déjà largement sur un terrain...faut dire qu'il cavale bien plus et plus vite que moi (m'enfin son corps n'a pas porté 4 gosses en 3 fois, lui)

Bref, donc gâteau terrain de tennis, disais-je. 

- Il faut un moule rectangulaire pour faire la forme du terrain; (un plat à four en métal fait très bien l'affaire.
- Un gâteau genre gâteau au yaourt, ou 4/4. 

- Pas mal de pâte à sucre orange (ou verte si on veut faire Wimbledon, ou bleu pour l'us open (??) ou ..bref, vous prenez la couleur que vous voulez. 
- j'ai pris des fingers blanc pour faire genre tribunes. C'était pas mal.
- De la pâte blanche pour faire les lignes, 
- de la jaune ou du colorant pour faire les balles; 
- du chocolat blanc pour le filet (pas mal, vous en raterez un certain nombre avant d'avoir un truc qui tient debout ( et serez à 2 dois de donner un grand coup de raquette dans ce @@###$**# de gâteau)

Donc recouvrir le gâteau refroidit de nutella fondu (ou de confiture); le gâteau doit être posé directement sur le plat de service, sauf si vous êtes extrêmement douée pour déplacer votre chef d’œuvre sans le casser.
bien étaler la pâte orange sur du papier sulfu, et recouvrir le gâteau; lisser pour que ce soit jôôôli. 

Avec une règle, mettre des repères pour avoir le milieu du terrain (où sera le filet),  le  milieu de chaque 1/2 terrain pour avoir les carrés de service + la symétrie des 2 terrains 
vous pouvez pré-tracer toutes les lignes avec le dos d'un couteau, ou une petite roulette.(N'hésitez pas à demander à googeule de vous aider si vous ne visualisez pas à quoi ressemble un terrain de tennis)


Etaler de la pâte à sucre blanche sur du papier sulfu et avec une règle, découper de longues bandes bien régulières d'environ 3-4 mm de large. Rouler la bande sur elle même en essayant de ne pas l'étirer. 
Avec un pinceau, déposer un peau d'eau le long de toute la ligne de fond de court (par ex), puis dérouler votre bande blanche dessus; couper en biais les extrémités, et rectifier un peu l'horizontalité de la ligne avec la règle. faire pareil pour toutes les lignes. 

vous pouvez faire des balles de tennis, et des raquettes (j'ai fait le cordage avec un petit cornet de chocolat fondu (top chef'style); ne lésinez pas sur les détails, c'est ce qui fait la différence (jai fait un petit w genre wilson sur le bas du cordage de la raquette); faite la petite marque de milieu de terrain, par ex..

Arrive enfin le moment tant redouté: le filet. 
Allez prendre un petit mojito pour vous donner du courage, virer les trolls et wonderdad de votre périmètre d'action, vous aurez besoin de concentration (trolls + concentration, ça ne va pas ensemble). 

On attaque; prévoir d'en faire plusieurs, car ce n'est pas facile à réaliser. 

Sur du papier sulfu; tracer a la règle les dimensions globales du filet;  (c'est à dire faire correspondre la largeur du filet avec la largeur du terrain, et prévoir environ 3cm de hauteur) tracer également une ligne à mi hauteur du filet, pour le consolider + 3 ou 4 verticaux
poser des cure dents à l'emplacement des poteaux + 1 au milieu

Faire fondre du chocolat blanc au micro onde (ne pas ajouter de lait ou autre, j'ai du m'y prendre à 5 fois, rien que pour cette étape). 
fabriquer un petit cornet en papier sulfu (le scotcher) et faire une toute petite ouverture; le remplir de chocolat blanc, puis repasser sur les lignes: d'abord sur les poteaux en cure dent (pas jusque en bas, il faut que les cure dents soient plantés dans le gâteau) , puis sur les bandes de structures (horizontales et verticales), un peu épais pour que ça tienne,. Enfin faire des diagonales dans les 2 sens dans sur tous les espaces vides; en un peu moins épais, sinon ça va faire pâté. Mettre le tout au frais, et prier pour que ca tienne) 
récupérer le filet, jurer parce qu'il s'est cassé, et recommencer!! (ou en faire 2 ou 3 d'un coup pour en avoir au moins un de potable). retourner délicatement le filet, et faire la même chose de l'autre côté, en plus light, pour éviter d'avoir un côté tout plat tout moche




découper les finger au couteau, et les coller sur les bord avec une goute d'eau; (bizarrement, ça tient) ou du chocolat fondu. Ajouter le nom du loulou (en pâte à sucre noir, ou autrement) et zou, dans un endroit sec et frais (PAS AU FRIGO). 

Voilà; à part le filet, c'est pas ultra compliqué, mais avouez qu'il y a de quoi crâner!!


 


 

16 février 2016

Wonder Working Mum

To work or not to work, that is ZE quaichtione. 

Aller, minute je raconte ma life, mais juste histoire de comprendre que ce que je vais raconter n'est que mon point de vue à moi, qui n'engage que moi...

Bref, donc Wondermum, avant d'être une wondermum, était une working-girl. Bon, faut pas exagérer, j'étais pas trader dans la city, mais bon, j'assurais pas mal. 
Bon, je vous passe les détails: des trolls, des grossesses compliquées, une expatriation, des twins...bref, working girl s'est transformée en wondermum, voire en wonder-exhausted-mum. 
En 5 ans, j'ai pondu 4 trolls en 3 fois, et j'avoue que je me suis vite retrouvée sous l'eau...Plus l'hypothèse d'un boulot s'éloignait, plus j'idéalisais l'univers professionnel: le silence du bureau, le café qui ne se renverse pas, les collègues qui ne se roulent pas par terre quand on leur dit non, les discussions qui ne tournent pas autour des couches, des petits pots ou des pokémon..bref, le monde du boulot m'apparaissait soudain comme un moyen d'échapper à ce quotidien qui me devenait insupportable. 

Sauf que...sauf que...je suis peut être wondermum, mais je suis un peu wonder-torturée et que je ne voyais pas comment ça pouvait fonctionner: 2 mini-trolls, 2 bébé-trollettes, 1 wonderdad overbusy...je n'arrivais déjà pas à gérer ma tribu toute seule, je ne voyais pas comment une nounou, même extra pouvait le faire (aussi bien que moi!)...
Bref, donc je me suis enfermée, un peu malgré moi, dans ce rôle de MAF, qui présente tout un tas d'avantages, certes, mais qui ne me convenait pas. 

J'ai fait un bilan de compétence, très décevant, j'ai essayé d'être prof 1,5 ans, et puis j'ai tout laissé tomber. 
MAF j'étais, MAF je resterai. Si d'autres wonder-cops arrivaient à s'épanouir en MAF, pourquoi pas moi? 

Hé ben non. Pas moi. J'ai beau aimer profondément mes trolls, ce quotidien m'a usée...

Sans trop y croire, j'ai balancé quelques CV...

Et ça a marché...
Très vite, trop vite. Sans même me donner le sentiment qu'il fallait que je me batte pour ce job. Sans avoir à démontrer que je valais encore quelque chose, après tout ce temps. 
Pour ces gens, mon profil était top. Ils voyaient en moi ce que je ne voyais plus depuis des années: une fille brillante, punchie, tenace et pleine de ressources.
"Oui, mais bon, quand je vais leur balancer que je veux un temps partiel, faut pas rêver, ils vont me rire au nez. "
Ben non, ils ont dit oui. 
Alors j'ai un peu poussé le bouchon, j'ai demandé un 3/5. 
Ils ont dit oui aussi...
Alors j'ai dit que je pourrais bosser 3,5 jours, être payée 3, et avoir plein de vacances pour compenser. 
Ils ont dit oui. 
J'avais plus aucune raison de dire non, alors j'ai dit oui aussi. J'ai exhumé de mon placard une tenue qui voulait dire "working wonder mum" sans me faire me sentir trop déguisée, et j'y suis allée. 

Je crois que je suis fière de ne pas m'être dégonflée. Faut dire que j'ai été encouragée, boostée, motivée. Toute seule, j'aurais sans doute craqué ;)

Ca fait 2,5 semaines. Presque une routine. Une routine de wonder-working mum, à base de galère de nounous, de galères d'enfants malades, de galère de bouchons parisiens. Mais avec des gens qui me font confiance, qui écoutent mon avis, qui me donnent de l'importance. Avec des collègues, une machine à café, des tickets restaurant, un iphone pro, et une place de parking à moi. Dérisoire, me direz vous...mais pas pour moi! 

Bon, tout n'est pas rose, évidemment, wonder mum n'est pas devenu naïve-mum...ça tarde à se mettre en place, et je ne suis pas vraiment patiente. Les journées me paraissent longues (j'ai perdu l'habitude de rester concentrée aussi longtemps), les collègues pas tous ravis de me voir débarquer dans leur équipe, l'ambiance pas franchement au top....Faut que je m'accroche, mais je ne regrette pas. 

Les trolls s'adaptent remarquablement bien (mes indics du parc me disent qu'elles ne les ont jamais vus aussi calmes!!), et ce temps partiel est idéal pour reprendre sans me noyer...

et le top, c'est que j'ai déjà des vacances! 

Aller zou, la troll-team au ski (faudra que je vous raconte, à mon avis y'aura des choses à dire (rapport aux xxxxx heures de trajets, rapport à trollette-vomito, rapport aux twin-trollettes qui monteront sur des skis pour la première fois, rapport aux boys qui vont se retrouver à passer la même étoile ce qui est totalement scandaleux d'après Preums, rapport à l'équipement combinesque récupéré à droit à gauche pour mon plus grand bonheur, mais qui ne comporte qu'une seule combi rose, ce qui constitue un deal-breaker d'après trollette-relou-coquette...bref, on va bien morfler décompresser!)

Merci à vous tous, qui croyez en moi, qui m'avez poussée, encouragée, boostée...je vais peut être avoir besoin d'un refill de tout ça histoire de pas baisser les bras trop vite, mais merci à vous tous! 





18 novembre 2015

Maudits soient ils...

Mes enfants, mes tout petits, mes amours....

Ils ne vous ont pas épargnés. Ils ont réduit à néant l'univers magique, féérique, et insouciant dans lequel nous tentions de vous préserver. 
Ils ont semé la graine de la méfiance, de la peur, de la tristesse. Ils ont fait germer en vous l'idée que le monde que nous vous avons construit est un monde où le pire peut arriver...

Maudits soient ils. 


Ils se sont attaqués à n'importe qui, froidement, avec barbarie. Mes tous proches ne sont pas touchés directement, mais malgré tout nous n'avons pas été épargnés...Nous connaissons tous des amis, des collègues, qui ont perdu un frère,une soeur, une cousine, un ami...
Après la sidération liée aux faits eux mêmes, vient le temps des témoignages, des hommages...et je les prends en plein coeur. Je lis ces magnifiques témoignages: "vous n'aurez pas ma haine", "je continue à vivre", "je ne vous ferai pas l'honneur de vous haïr"...ils sont admirables mais je ne sais pas comment ils font. 
Mon coeur à moi est rempli de cendres. De désespérance, de haine et de tristesse. 
Et pourtant, digérer mes propres émotions, retrouver la saveur de la vie, reprendre un quotidien souvent répétitif et chiant n'est pas la chose la plus difficile que je doive encaisser. Je dois "en parler avec mes enfants"...

Nous, parents, avons reçu plein de supports pour parler de "ça" aux enfants....

Mais je ne veux pas avoir à leur en parler. Utiliser des mots comme "attentats", "tuer", "terroristes" avec mes enfants, me semble totalement contre-nature. Je prends mon courage à 2 mains, parce qu'il  le faut...pour limiter les dégâts, pour éviter les traumatismes...mais merde, ils n'ont rien demandé. Ces atrocités ne devraient pas faire partie de leur discussions, de leurs quotidien. Ils en parlent à la récré, entre eux. Cette chose monstrueuse est entrée dans leur conversations...:"tiens, file moi un BN, tu savais que normalement, ils auraient dû faire péter le stade de France?"

Dire que je râlais quand ils se disputaient pour savoir si "raïquaza ex full art" est plus fort que "dragofeu méga-ex"(si si, ça existe, c'est du pokémon) ...je dois maintenant subir leurs disputes au sujet du nombre de terroristes morts "mais si je te jure qu'il y en a 8 qui se sont fait exploser", mais non je te dis que c'est 7....discussions abominables dont chaque mot est un coup au coeur. L'incongruité de ces discussion me semble surnaturelle, et me file la nausée.

Maudits soient ils. 

Ma poupinette de 5 ans, mon adorable chérinette, qui chante "libéréééééééé, délivrééééééé" à longueur de journée, qui a hâte d'être une femme pour se mettre du vernis à ongles, pour qui les 3 femmes les plus formidables de la planète sont (dans l'ordre) la reine des neige, la maîtresse et sa maman. Mon trésor d'innocence, qui croie dur comme fer que le père noël travaille dur en ce moment pour lui apporter tout ce qui est estampillé de près ou de loin "reine des neige", pour qui l'épreuve suprême consistait encore hier à devoir manger à la cantine...ma trésorinette m'a demandé avec sa candeur adorable: "maman, si on prend le train pour aller voir grand-pa, est ce qu'on va être tués?"....
Maudits soient ils, ceux qui ont mis ces mots dans la bouche adorable de mes trésors. Ils ont fait de tous ces enfants, les victimes collatérales de leur barbarie meurtrière. 

Maudits soient ils. 

Merci aux petits quotidien, à bayard, astrapi etc...de nous donner les mots pour leur expliquer l'inexplicable. Mais je suis incapable de leur lire ces mots incongrus sans avoir la voix qui tremble...
expliquer avec des mots d'enfants...? mais il n'y a pas de mots d'enfants dans le registre barbarie, terrorisme, haine...Le champs lexical des mots d'enfants n'inclut pas cette situation.Et j'aurais voulu que ça reste comme ça. Dans les mots d'enfants, on parle de licorne, de voitures de course, de fées et de pirates, d'arc en ciel, de légos et de playmobils. Les méchants sont ceux qui ne veulent pas jouer avec eux (au pire). On joue à la bagarre, et même aux bandits. 
"pan t'es mort"....et on se relève pour aller goûter. 

J'ai dû expliquer daesh, djihadistes, guerre, islamiste, amalgame, terroriste, kamikaze, et  je les ai maudits à chaque instant...

Maudits soient ils. 

18 septembre 2015

Profite!!!

Si je résume, si je ne compte pas la tentative de devenir prof, cela fait bientôt 8 ans que j'ai cessé de travailler (je veux dire pour de l'argent...travailler pour ses enfants n'entre pas dans la même catégorie)...

Et voilà au moins 5 ans que tout le monde m'entend geindre que je ne m'y retrouve pas. Que rester à la maison c'est pas fun; 
Que mes seules conversations tournent autour de pokémons et de barbies, le reste des mots que je prononce étant en général aboyés 
("fais pas ça, mets ta culotte, arrête de faire du bruit, mets ta culotte, ramasse ce légo tout de suite, mets ta culotte bordel! , on va être en retard, lâche ton frère"....vous voyez le genre quoi)...

Toute les mamans d'école que je croise savent que j'en bave. Qu'être à l'école à 15h45 et gérer toute seule la trollteam surexcitée pendant 5 heures d'affilée, c'est épuisant, et que je n'en tire que peu de satisfactions. 

Mais parfois, de temps en temps, il m'arrive de croiser des mamans un peu plus avancées dans la vie, dont les trolls ne sont plus des mini-trolls,, mais des ado-trolls...ces mamans, me disent, en regardant avec ravissement mes affreux..."quelle chance tu as, ça passe tellement vite, profite!"
Cette petite phrase, outre le fait qu'elle me prédise un avenir assez effrayant, je la dirais peut être à mes plus jeunes amies dans quelques années. mais aujourd'hui, on me parlerait en javanais que ça serait kif kif...

Profite...? mais comment? Comment faire abstraction des 99% de moments exaspérants, pour profiter des 1% de moments magiques (le ratio est sans doute lié à un moral un poil en berne, je vous l'accorde)...

Depuis 10 ans, je ramasse tout ce qui traine par terre, et j'ai acquis la quasi certitude que 5 personnes sur 6 dans cette famille ont un problème de vue périphérique verticale (si si ça existe)...Légos, playmos, doudous, chaussettes sales et dépareillées, slips, jeans (avec le slip entortillé dedans, c'est bien trop fatiguant de les séparer), et autres trucs un peu trash. 
Bref, je profite. 

Depuis 10 ans, j'essaie de me faire pousser une 2° paire de bras, ou de me cloner: maman j'ai soif, maman je trouve pas ma culotte, maman j'arrive pas à ouvrir le pot de confiture, maman, j'ai renversé mon verre, maman, j'veux du ketchut,...le tout en même temps, et en boucle. 

bref, je profite

Depuis 10 ans, j'arbitre les disputes, en essayant de trouver le juste équilibre entre intervenir si ça devient dangereux, et laisser faire parce que j'ai la flemme pour leur apprendre à gérer les conflits. Notre maison ressemble à un champs miné, qui peut péter à tout moment...

bref, je profite. 

depuis 10 ans, je remplis le frigo, gère les RDV médicaux, les anniversaires, les vaccins, les réunions de parents, les inscriptions aux activités, les conduites, les devoirs, les diners, les problèmes variés...

bref, je profite...

Alors j'ai quand même cherché. Je me suis dit que je devais être sacrément aveuglée par le quotidien pour ne plus parvenir à voir ce qu'il y avait de beau dans cette équipe de trolls. Qu'est ce que je manque pour ne presque plus jamais sentir de satisfaction à m'occuper d'eux? Le lien avec mon absence d'activité professionnelle est il réel ou juste un leurre? 

Ils sont épuisants, bruyants, maladroits, trop pleins d'énergie, belliqueux, parfois capricieux...mais quand même...

- quand je réalise qu'ils sont tous les 4 en pleine forme, absolument magnifiques (en toute objectivité), intelligents et en bonne santé, et que certains n'ont pas cette chance
- Quand Preums me prend par la main dans la rue, juste comme ça pour le plaisir
- Quand Deuz me serre très fort dans ses bras en me disant qu'il m'aime à l'infini
- Quand les trollettes me font un double-câlin, en me disant que je suis la plus belle des mamans
- Quand ils jouent tous les 4 ensembles, et qu'ils rigolent comme des baleines
- Quand ils sont endormis et que je viens leur faire un dernier bisous, qu'ils sont si doux, si beaux, qu'ils sentent si bon
- et aussi...quand ils sont tous à l'école et que je prends un café peinard

alors, oui, je profite! 

1 septembre 2015

La Tuile...

Aujourd'hui, Preum's fête ses 10 ans. Aujourd'hui c'est la rentrée. Aujourd'hui, et pour la première fois depuis 8 très longues semaines, il n'y a pas de bruit dans la maison....

Oui, mais aujourd'hui, c'est la tuile. 

Une femme merveilleuse, courageuse, travailleuse, patiente et intelligente vient de m'annoncer qu'elle me quittait pour une autre. 

Ce petit bout de femme fait partie de ma vie, de nos vie, depuis 4 ans. Elle a été ma bouée quand je me noyais, la paire de bras qui me manque souvent (quand les trolls ont tous besoin d'un truc urgent à la même minute)...elle a donné les biberons avec moi, a épluché des légumes avec moi, a manipulé le babycook bien plus souvent que moi, a changé les couches, a donné les bains, a accompagné la propreté, les premiers mots, les anniversaires, les premiers jours d'école, les sorties au square...a soigné les bobos, a soigné la maison...Elle voit quand je n'en peux plus, elle assiste discrètement à mes colères, à mes ras-le-bol...et elle prend le relais en douceur.

Cette année, je  vais voudrais bien rebosser, saisir une opportunité, encore incertaine certes, mais qui ne se présentera pas 2 fois....et le pilier de mon organisation vient de s'effondrer...Tout comme je me suis effondrée sous ses yeux quand elle me l'a annoncé. 

Wondernounou me quitte. Drame. 

Je savais bien que ça arriverait un jour...que quelqu'un d'autre la remarquerait et lui ferait une proposition en or...et bingo, c'est arrivé. 

Elle le mérite, mais elle m'a brisé le coeur...sans parler de celui de mes trolls, indignés "que quelqu'un d'autre ait pu nous piquer notre Wondernounou"...

Wondermum cherche une nouvelle perle pour s'occuper de sa maison et de ses trolls (ou l'inverse) quand elle reprendra le boulot...


Bye Bye Wondernounou, you're the best!

Wondernounou et Camille (2012)




23 juin 2015

Un seul être nous manque ;)

Les twinettes ont rarement été séparées depuis leur naissance. Elles sont arrivées à deux, on les gère à deux. Pas par principe ou par idéologie. Non, juste, parce que ça s'est fait comme ça. Que quand on a 2 trolls-boys survoltés, et des baby-twinettes, on a tendance à répartir au plus simple: "tu prends les troll-boys je prends les twinettes, d'acc?" . On a eu 2 enfants + 2 bébés, donc forcément, on a rarement mélangé les pokemon et les pampers; 

Donc les twinettes ont quasiment toujours été ensembles: elles ont dormi dans le même lit au départ, même que c'était ultra choupi. Je les portais ensemble, les nourrissais ensemble (même que quand l'une avait faim, je réveillais la 2ieme pour qu'elles soient calées, honte sur moi, diraient les wondermèresparfaites), les changeais ensemble (côte à côte sur la table à langer, travail à la chaine), les baignais ensemble. Bref, twinettes et ensembles, c'était associé. 

En petite section, elles ont été ensembles aussi; je ne me voyais pas les séparer, déjà pour un côté pratique (déposer 4 enfants dans 4 classes et 2 écoles différentes, en 10 minutes, ça me semblait un poil ambitieux), mais aussi parce que quand on a la chance de vivre la première vraie épreuve de sa vie à deux, ça me semblait cruel de les priver de ce réconfort mutuel...

En moyenne section, elles ont été séparées, mais bon, elles se retrouvent à la récré, et si une maîtresse est absente, elles se retrouvent dans la même classe. En gros elles savent où se situe leur co-trollette, et ça les rassure. 

Mais la semaine dernière, une des trollettes est partie en classe verte. 5 jours. 
Et pas l'autre. Pour la première fois elles n'ont pas dormi dans la même chambre, n'ont pas joué ensemble à la maîtresse après l'école, n'ont pas pris leur bain ensemble,et ne se sont pas disputées pour savoir qui ferait Elsa, et qui ferait Anna. 

Pour la trollette qui partait, appelons là lucky-trollette, c'était un festival de joie; aucune appréhension, pas un seul mot sur l'angoisse d'une séparation, nada. C'est une petite fille très ingrate confiante. 
J'ai versé ma petite larme quand elle est montée dans le bus, mais elle, elle avait une patate d'enfer (heureusement, d'ailleurs, sinon, j'aurais eu bien du mal à la laisser partir). 
Mais pour trollette-pas-partie....misère!! 
je veux pas dormir sans ma soeur, 
je veux pas aller à l'école si ma soeur n'y va pas
je veux jouer à rien sans ma soeur
je veux pas manger sans ma soeur...

bref, lucky-trollette lui a visiblement beaucoup manqué, sur fond de jalousie à peine dissimulée (ie, très bruyamment manifestée)...

Pour moi...après avoir chouiné pendant des années que 4, c'est trop beaucoup, que des twinettes, c'était quand même pas de bol une sacré surprise et que un de moins de temps en temps ça me ferait des vacances...Et ben j'ai trouvé que lucky-trollette était drôlement absente. Son petit lit vide était bien tristounet, et ne déposer qu'une trollette à la maternelle, c'était beaucoup plus rapide étrange....

Bref, lucky trollette nous a manqué. Nous, apparemment, pas du tout, d'après les textos de la maîtresse (inconsciente sainte femme, embarquant 32 mini-trolls au bord de la mer...)

Quand lucky-trollette est revenue (enchantée), trollette-pas-partie m'a déclaré qu'elle préférait dormir seule (après m'avoir pourries toutes les soirées pendant 1 semaine, sur fond sonore de "j'peuuuuuuuxx paaaaaaaaaaaaaaaas doooooooooooooooormiiiiiiiiiiiiiiir saaaaaaaannnnnnnnns maaaaaaaaaaaaa soeeeeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur")

Welcome back ma lucky trollette, je suis fière de toi!

lucky trollette dans le bus, happy!

lucky-trollette is back, toujours happy!